Il est solitaire depuis que sa femme l’a
quitté, vit sur une péniche amarrée au bord d’un lac, est sobre depuis quelques
années, mais est toujours hanté par de vieux démons, l’alcoolisme dans lequel il redoute de retomber
un jour, mais aussi les douloureux et horribles souvenirs du Vietnam, dont il
est rescapé. C’est un dur-à-cuire qui n’hésite pas à foncer tête baissée dans
l’action (et les ennuis) dès que l’occasion se présente. L’assassinat d’une
jeune fille noire, dont il a découvert le corps dans le bayou hors de sa
juridiction, va le propulser dans des évènements mêlant trafiquants de drogue,
agents de la CIA, trafiquants d’armes pour le compte du Nicaragua, meurtriers
et mafieux.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que
Dave Robicheaux est un type solide. Et il a intérêt à l’être pour survivre aux
multiples agressions qu’il subit, dont une avec sa nouvelle petite amie, Annie,
et essayer (il n’y arrive pas toujours) de garder la tête froide, alors que son
frère manque d’être tué ou que sa confiance en son partenaire est ébranlée.
Pour le soutenir dans les coups durs,
l’image de son père, grand gaillard analphabète, qui a élevé seul ses deux
garçons, à l’esprit pragmatique et jamais à court de bons conseils.
"Quand tu as battu tous les marais à la recherche du gros
‘gator qui t’a dévoré ton cochon et que tu reviens les mains vides, repars de
là où t’étais parti et recommence. Parce que tu lui es passé dessus en
chemin." (p. 190)
En contraste avec l’extrême noirceur de
l’intrigue, James Lee Burke évoque la luxuriance et la chaleur de la Louisiane,
la beauté préservée des bayous et la douceur de vivre à la Nouvelle-Orléans, la
saveur des coca citron vert qui accompagne les sandwiches aux huitres ou les
gombos de crevettes.
"Pour une raison inconnue, chaque jour passé à la Nouvelle
Orléans semble un jour de vacances, même lorsqu’il vous faut travailler, et je
ne connais pas de meilleure manière d’en jouir pleinement que de descendre
l’esplanade en brinquebalant dans un tramway ouvert à tout vents qui circule
sur les mêmes rails depuis le début du siècle. Je regardais défiler les maisons
d’avant la guerre de Sécession, leurs piliers et leurs volutes, les chênes à
larges ramures tendus de mousse espagnole, les petites cours aux grilles de fer
et murs de briques blanchis à la chaux, les palmiers et les bananiers qui
ombrageaient les vieux trottoirs soulevés et craquelés par les racines." (p.367). N'est-ce pas une phrase qui donne immédiatement envie de partir ?
Pluie
de néon est le premier titre du (long) cycle de James Lee Burke consacré à
Dave Robicheaux, personnage complexe et torturé, qui se laisse aimer malgré sa
colère et ses défauts. A suivre, assurément.
A lire, l’avis de Wictoria.
La pluie de néon
– James Lee Burke
Traduit de l’anglais par Freddy Michalski
Titre original : The
Neon Rain (Henry
Holt and Company, 1987)
Rivages / Noir – 1999 – 378 pages














