A Pasadena, au milieu des années 50. Lora King mène une existence sereine et sans surprise. Enseignante dans un lycée de jeunes filles, elle vit avec son jeune frère Bill, dont elle est très proche, depuis la mort de leurs parents dans un incendie lorsqu’ils étaient tous deux encore très jeunes. Bill est devenu policier et a connu, grâce à sa bravoure, un avancement rapide. Le frère et la sœur vivent une relation fusionnelle qui sera bientôt troublée par l’apparition dans le tableau de la mystérieuse Alice. A la "faveur" d’un accident de circulation, Bill rencontre Alice, costumière dans un studio à Hollywood, dont il tombe immédiatement amoureux et qu’il épouse sans tarder.
Bien que souhaitant plus que tout le bonheur de son frère, Lora ne peut se défendre d’une certaine jalousie, et même de méfiance, vis-à-vis de la mystérieuse Alice, qui semble n’avoir aucun passé, et dont l’acharnement à devenir une épouse et maîtresse de maison plus que parfaite, tout comme les nombreux efforts qu’elle fait pour s’intégrer et s’attirer l’amitié de Lora, lui semble cacher une nervosité et des intentions qu’elle n’arrive pas à comprendre.
L’apparition de Lois Slattery, amie d’Alice, un peu extravagante, qui ne cesse de se mettre dans des situations impossibles et qu'Alice n'hésite jamais à secourir, puis son étrange disparition, ne font que renforcer la méfiance de Lora.
Sa défiance envers Alice l’incite à enquêter sur le passé d’Alice et le résultat de ses recherches la révulse et la fascine à la fois. Le choc pour Lora est rude, non seulement parce que le monde qu’elle découvre n’a rien de glamour (il fait souvent penser au monde sombre décrit par James Ellroy), mais aussi sur ce que cette enquête lui révèle sur elle-même.
Comme dans Adieu Gloria, son précédent roman traduit en français (bien qu’en fait Red Room Lounge soit son deuxième roman publié), Megan Abbott analyse par petites touches et avec acuité les relations entre les deux femmes : doute, rivalité, jalousie et finalement affrontement, dont aucune ne sortira indemne et l’une certainement moins que l’autre. Laquelle des deux ? A vous de le découvrir en lisant ce nouveau très bon polar de Megan Abbott.
Merci à Anne, des éditions du Masque, pour cette lecture !
Red Room Lounge – Megan Abbott
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Esch
Titre original : Die a Little (Simon and Schuster, 2005)
Editions du Masque – novembre 2011 – 308 pages








3 commentaires:
Je n'ai encore jamais lu cette auteur, il me semble que je la découvrirai avec plaisir.
étrange aussi ce nouveau titre anglais pour l'édition française qui remplace le titre original sans vouloir dire la même chose :)
le style de ce roman est-il rematquable ? un peti extrait peut-être ?
@ Ys : son premier titre, "Absente" est paru en poche il y a quelque temps. Sinon, il est aussi dans ma bibliothèque, si ça te tente !
@ Wictoria : En effet le titre "anglais" choisi pour la traduction française semble étrange, mais s'explique assez vite dans le contexte. Le lecteur français comprend vite ce qu'est la "Red Room Lounge", plus facilement peut-être que "Die a Little" qui fait référence à une chanson de Cole Porter très populaire dans les années 50 et aurait, d'après ce que j'ai lu dans une critique de journal américain une connotation sexuelle. Quant au style, je ne sais que te dire. Ce qui me plaît dans les romans de Megan Abbott, c'est l'évocation réussie de cette atmosphère très noire particulière à ces romans ou films américains des années 1940/1950, que j'aimais et aime toujours regarder de temps en temps, comme par exemple "Gilda" , "Asphalt Jungle", "Blue Gardenia", "The Killers", "Mildred Pierce" mais on pourrait en citer beaucoup d'autres.
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